Semsamar : Le salaire qui gêne ?

Semsamar : Le salaire qui gêne ?

Article de politiques publiques du 20/01/2013

A travers deux textes publiés sur son blog, la sociologue Patricia Braflan-Trobo revient sur « l’affaire » provoquée notamment en Guadeloupe par la révélation du salaire de la Directrice générale de la Semsamar.

Le Salaire qui gêne ?

Le salaire perçu par Mme Romana-Bélénus directrice de la SEMSAMAR choque. Oui certainement. 1 200 000€ de salaire peut choquer, tout comme tous ces salaires indécents des patrons de certaines grandes entreprises publiques ou privées ou ces rémunérations insultantes touchées par des hommes et femmes politiques chargés de gérer un quotidien du citoyen qui ne cesse de se dégrader d’années en années. Cependant que le leur vire au luxe pour beaucoup.

La MIILOS a fait son travail d’inspection, a rendu un pré-rapport que les journalistes, faisant en toute conscience leur travail, ont livré au public. Le salaire de Mme Romana-Bélénus devenant le centre de ce rapport. Salaire pourtant diminué des 2/3 par rapport à son prédécesseur M. Fischer.

En tant que citoyenne, quelques questions me viennent : la MIILOS n’a jamais été choquée pendant 20 ans par le salaire de M. Fischer à qui Mme Romana-Bélénus a succédé ? Ce salaire n’a pas mérité d’être mis en évidence et livré à aux journalistes pour qu’il soit porté à la connaissance des guadeloupéens ? Ce salaire aurait-il été normal pour un homme Blanc et trop élevé (même diminué des 2/3) pour une femme Noire ? A certains postes en Guadeloupe la couleur de la peau et le sexe détermineraient-ils encore la compétence et donc le salaire ? Ces éléments (la couleur de la peau et le sexe) seraient-ils des boucliers qui empêcheraient aussi d’être jeté en pâture ? Que n’aurait pas fait ou qu’aurait fait Mme Romana-Bélénus pour que son salaire devienne suffisamment ou trop élevé au point de choquer la MIILOS et de faire la une des journaux divers et variés ? La même MIILOS qui sait faire preuve de tant de sagacité et de professionnalisme actuellement à la SEMSAMAR était-elle trop débordée pour laisser la situation que nous connaissons s’installer à la SIG ? Nos journalistes ont été privés par la MIILOS de nombreux pré-rapports ou rapports qui se sont révélés finalement explosifs et mortels pour Loïc Petit. Quand la MIILOS va-t-elle nous parler de ces conseils d’administration qui sont pourtant censés contrôler les agissements des directeurs de ces organismes du logement social,……. ?

A quand quelques informations de la part de nos journalistes tellement consciencieux et tellement dévoués à l’information de la population sur le salaire ou autres rétributions actuels de M. Fischer dans la SEM patrimoniale montée par Victorin Lurel ?

Trop de questions finalement !

Le salaire qui gêne. Acte 2

Je ne connais Mme Bélénus-Romana ni an blan ni an nwè, c’est-à-dire, ni d’Eve ni d’ Adam. Jamais vue en vraie, jamais rencontrée. Ça tombe bien.

Simplement je n’aime pas beaucoup les affaires qui font subitement beaucoup de bruits. Ça fait mon cœur sauter comme on dit chez nous. Et j’ai l’impression qu’on me prend pour une conne.

Je lis donc ce matin « Le courrier de Guadeloupe » (N° 9 du 18 au 24 janvier 2013) pour avoir tous les sons de cloche. Il est rappelé par Pierre-Edouard Picord (merci de ce rappel) : que cette situation dure depuis 25 ans (25 ans !!!!!!) et il demande donc (et moi avec lui) : pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ?

Pierre-Edouard Picord souligne autre chose à laquelle commune des mortelles je n’aurai jamais pensé : la directrice d’ AREVA, Anne Lauvergeon n’avait-elle pas avec de l’argent public, un salaire bien plus élevé que celui de Mme Bélénus-Romana ? Alors qu’AREVA (entreprise publique) est un gouffre financier sans fond et que le salaire de Mme Bélénus-Romana lui vient d’une entreprise, la SEMSAMAR, qui gagne de l’argent. Pierre-Edouard Picord rappel quand même que ce ne sont pas nos impôts qui paient le salaire de Mme Bélénus-Romana contrairement à celui de Mme Lauvergeon à l’époque.

Par ailleurs il est dit (page 4) que Mme Bélénus-Romana « a hérité d’une situation qui existait bien avant elle et qui n’avait jamais été révélée par personne. » Et voilà que d’autres questions me viennent encore : si Mme Bélénus-Romana a pu négocier de telles conditions de salaires pendant et après ses fonctions, quelles sont celles qui ont été accordées à son prédécesseur, M. Fischer dans l’exercice de ses fonctions et après son départ ? Que lui garantirait encore actuellement son ancien contrat de travail passé à la SEMSAMAR ? La SEM patrimoniale financée avec les impôts des guadeloupéens lui verse quel niveau de salaire ? Parlons de SEM, alors parlons de toutes les SEM….

Nos professionnels de l’information de France-Antilles (édition du samedi 19-dimanche 20 janvier 2013) pour expliquer que cela tombe sur Mme Bélénus-Romana nous expliquent « Un élastique ne cède jamais à la première traction. Mais quand il se casse gare à celui qui se trouve à proximité. »

C’est vrai. Mme Bélénus-Romana, femme, pesant moins que M. Fischer a certainement du déranger l’équilibre de cet élastique. Elastique qui dans sa grande clairvoyance a attendu que M. Fischer soit suffisamment loin pour se casser. Aaaah les élastiques ! Quelle bande de petits malins ! On pourrait presque les croire misogynes et racistes ou autre….

M. Picord qui est journaliste et qui je suppose, sait de quoi il parle, termine son éditorial en écrivant « je ferai observer que lorsque d’un coup, d’un seul, sans crier gare, sortent des affaires dont se délectent certains par avance, il faut toujours se demander à qui profite le crime… ».

Je fais courageusement un copier/coller de cette observation…

Rédigé par: francis

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